Histoire du Manoir
Le Manoir de Cauvigny est une demeure historique située dans la commune de Le Renouard, dans le département de l’Orne (61120). Cette propriété est surtout connue pour avoir été la résidence familiale de Charlotte Corday, figure marquante de la Révolution française.
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Le manoir appartenait à la famille d’Armont, petite noblesse normande. Charlotte, née en 1768, y passa une partie de son enfance. Elle grandit dans un environnement marqué par l’éducation classique et les idées des Lumières, dans une famille attachée aux valeurs traditionnelles mais attentive aux débats intellectuels de l’époque.
A ses treize ans, pour alléger les finances de la famille et grâce à une intervention auprès du Roi, Charlotte fut envoyée à l’abbaye aux Dames de Caen pour parfaire son éducation, mais le manoir de Cauvigny resta un lieu symbolique de ses origines familiales.
Lorsque éclate la Révolution française en 1789, Charlotte Corday suit avec attention les événements. Elle se montre favorable aux idées girondines, opposées à la radicalisation montagnarde menée notamment par Jean-Paul Marat.
En 1793, convaincue que Marat était responsable des violences et des massacres qui ensanglantaient la France, elle quitta sa Normandie pour se rendre à Paris. Le 13 juillet 1793, elle assassina Marat dans sa baignoire. Quatre jours plus tard, elle était guillotinée à Paris place de Grève (actuelle place de la Concorde).
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Le Manoir de Cauvigny reste un témoignage du patrimoine rural de l’Orne et un lieu chargé d' Histoire. Bien qu’il ne soit pas un grand château, il symbolise le contraste entre la tranquillité de la province française et les bouleversements révolutionnaires qui ont marqué la fin du XVIIIᵉ siècle.
L’histoire du manoir est indissociable de celle de Charlotte Corday : une jeune femme issue de la noblesse provinciale qui devint, par son geste, l’une des figures les plus controversées de la Révolution française.
Charlotte Corday

Normandie
Née le 27 juillet 1768 dans la ferme du Ronceray, paroisse des Lignerits, diocèse de Séez, morte à Paris le 17 juillet 1793, Marie Anne Charlotte de Corday d'Armont, arrière petite-fille de Corneille, est issue d'une famille de petite noblesse désargentée.
Elle passe sa petite enfance à la ferme du Ronceray, puis à la ferme des Bois (paroisse du Ménil-Imbert). En 1774, après la mort de sa soeur, son oncle, curé de Vicques en 1777, devient son tuteur, lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir les tragédies de leur aïeul Corneille, lui donne une bonne éducation.
En 1776, ayant des affaires à régler à Caen, son père emmène sa famille sur la butte de la paroisse St-Gilles. Suite à la mort de la mère de Charlotte en 1782, et ne pouvant plus subvenir aux besoins de la famille, son père réussit à la mettre en pension avec sa petite soeur au couvent de l'Abbaye-Ste-Trinité de Caen.
Elle se familiarise avec les auteurs de l'Antiquité grecs et romains, lit Plutarque et Rousseau et s'enthousiasme pour les idées nouvelles. La Révolution fermant les couvents, en 1790 Charlotte et sa soeur repartent vivre chez leur père au Ménil-Imbert. En juin 1791, Charlotte revient seule à Caen pour être hébergée chez une cousine, Mme Coustellier de Bretteville, 148 rue St-Jean.
Elle s'intéresse à la politique, indignée des outrances de Marat, le « massacreur de septembre » 1792. Elle lui reproche de pousser à la guerre civile. Les déclarations de ce dernier réclamant de plus en plus de cadavres exaspèrent Charlotte Corday. De plus elle apprend le supplice de l'abbé Gombault confesseur de sa famille, décapité le 5 avril 1793.
Fin juin et début juillet, 3 fois accompagnée par le domestique de sa cousine, elle rend visite aux députés girondins proscrits, réfugiés à Caen dans l'hôtel de l'Intendance. Elle choisit Barbaroux comme interlocuteur et s'enthousiasme pour l'ardeur des Caennais à s'enrôler et aller délivrer Paris des « anarchistes ». Le dimanche 7 juillet, une parade sur le Cours-la-Reine amenait à espérer un engagement de 3000 personnes dans l'armée des fédéralistes. Il n'y en eu que 17. Ne pouvant plus compter sur les hommes, sa décision est prise, elle doit tuer Marat, ce fou sanguinaire.
Personne ne connait son intention. Pour ne pas se trahir, elle envoie une lettre à son père lui indiquant son désir d'aller vivre en Angleterre.
Le mardi 9 juillet 1793 à 14 heures, munie d'un passeport et d'une somme d'argent importante, elle prend la diligence pour Paris. Après une nuit passée à Lisieux, elle reprend la route, change de diligence à Evreux pour rouler toute la nuit. Elle quitte définitivement sa Normandie natale.
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Paris
Le jeudi 11 juillet vers midi, elle arrive à Paris, rue des Victoires Nationales, et trouve une chambre à l'hôtel de la Providence, 19 rue des Vieux-Augustins.
Elle apprend que Marat, malade, ne siège plus à la Convention.
Le vendredi 12, elle rédige "Adresse aux Français amis des lois et de la paix".
Le samedi 13, à 8 heures, elle achète un couteau de 40 sols au Palais-Royal, se fait conduire chez Marat, 30 rue des Cordeliers, mais n'est pas reçue. Elle y retourne quelque temps plus tard sans plus de succès. Le soir à 19 heures, elle se représente de nouveau et hausse la voix. Dans son bain, Marat l'entend et autorise son entrée, elle apporte des nouvelles du Calvados, donne les noms des députés girondins présents à Caen mais quand Marat lui dit qu'ils seront guillotinés, elle lui plonge son couteau dans le coeur.
Immobilisée par les amis de Marat, auxquels elle n'oppose aucune résistance, elle est interrogée une première fois sur place par le commissaire de police Jacques-Philibert Guellard. Elle est ensuite transférée à la prison de l'Abbaye.
Le 14 et le 15 juillet, pas d'interrogatoire, elle commence la rédaction de sa lettre à Barbaroux.
Le 16 juillet elle est conduite au Palais de Justice et comparaît devant le Tribunal révolutionnaire. Après s'être informé de l'identité et de l'âge de Charlotte, le président Montané lui demande qui est son défenseur. Charlotte Corday propose qu'un de ses amis Louis-Gustave Doulcet de Pontécoulant la défende. Ce dernier ne sera pas prévenu à temps.
Le soir, elle est incarcérée dans la prison de la Conciergerie où elle va terminer sa lettre à Barbaroux et rédiger une lettre d'adieu à son père.
Le mercredi matin 17 juillet à partir de 8 heures, c'est l'audience du Tribunal révolutionnaire avec défilé des témoins, le jugement va être prononcé. Tout au long de ce procès elle va répondre aux questions de façon exacte, sans jamais chercher à minimiser les faits. A l'issue des débats, l'accusateur public Fouquier-Tinville réclame sa tête. Le défenseur demandé étant absent, le président désigne d'office Chauveau-Lagarde qui se trouve dans la salle.
Elle est condamnée à mort à l'unanimité des jurés. Retour dans sa geôle en début d'après-midi. Elle avait demandé que quelqu'un fasse son portrait. Le peintre Jean-Jacques Hauer entre, il ne lui reste que deux heures pour terminer l'esquisse qu'il avait commencée dans la salle d'audience.
A 17h30, elle monte dans la charrette qui l'emmène à l'échafaud sur la place de la Révolution. Mercredi 17 juillet 1793 à 19h30, Charlotte Corday a cessé de vivre. Elle aurait eu 25 ans 10 jours plus tard.
Frise Chronologique
XVIe siècle
Présence d’un premier manoir seigneurial à Cauvigny (famille de Corday mentionnée au XVIIᵉ siècle ; éléments anciens évoqués dans l’article de 1892).
Origine Probable
Milieu du XVIIᵉ siècle
Construction ou importante reconstruction du logis en pan de bois, correspondant à l’édifice conservé (datation retenue par l’Inventaire). Selon X Rousseau, l'ensemble de deux bâtiments proches sont réunis vers 1675 pour former le Manoir actuel. Quelques éléments structurels semblent confirmer cette idée.
Le Manoir Actuel
1768
Le Manoir de Cauvigny est la propriété de la famille d’Armont, petite noblesse provinciale.
En 1768 naît Charlotte Corday. Elle passe une partie de son enfance dans ce cadre rural.
Après la mort de sa mère, elle quitte le manoir pour être éduquée à Caen, mais Cauvigny reste attaché à son histoire familiale.
Naissance de Charlotte
1793
Charlotte Corday, acquise aux idées girondines, considère que Jean-Paul Marat est responsable des violences révolutionnaires.
Elle se rend à Paris et l’assassine dans sa baignoire le 13 juillet 1793.
Cet événement fait basculer son nom — et indirectement celui du manoir — dans l’Histoire.
L'assassinat de Marat
XXᵉ – XXIᵉ siècles
Au fil du XIXᵉ siècle, le manoir a connu des modifications architecturales (adaptations agricoles et rénovations).
Acheté en 1875 par la famille de l'actuel propriétaire, Cauvigny restera longtemps une ferme avent que d'importants travaux de rénovation, commencés en 1992, en refasse un Manoir Seigneurial.
Cauvigny demeure un élément du patrimoine de l’Orne, surtout connu pour son lien avec Charlotte Corday. Il se présente aujourd'hui comme un lieu de mémoire historique en lien avec la Révolution Française et cette héroïne normande qui marquera le XIX ième siècle et dont le souvenir demeure encore présent.
Rénovations
1948
Inscription du manoir à l’Inventaire des Monuments historiques en 1948 et de l'ensemble des bâtiments en 1997.
Sa structure en U, typique d'une exploitation du XVIII siècle, justifie l'Inscription , l'ensemble étant quasiment intégralement conservé avec ses bâtiments datant de l'époque de Charlotte Corday.
Inventaire des Monuments Historiques